17 juillet: La justice pénale internationale face au silence des survivants
La justice n’est pas une salle d’audience.
Elle est d’abord une mémoire.
Une cicatrice qu’on accepte de ne plus gratter.
Un silence qu’on refuse d’enterrer.

Aujourd’hui, 17 juillet, le monde célèbre la Journée de la justice pénale internationale. Mais qui célèbre quand les victimes sont encore sans voix ? Qui jubile pendant que les criminels dorment au chaud, dans des villas qui n’ont jamais connu la peur des bombes, ni l’odeur d’un charnier ?
Je pense à tous ces enfants dont les noms ne figurent dans aucune résolution.
Je pense à ces mères qui pleurent des fils sans sépulture.
Je pense à la justice, cette promesse qu’on suspend aux lèvres des survivants, mais qu’on ne livre jamais.
La Cour pénale internationale, ce tribunal des peuples, cette tentative d’humanité dans un monde de prédateurs, reste un phare fragile. Elle ne brille que quand les vents politiques la laissent tranquille. Tantôt applaudie, tantôt accusée de faire la justice des puissants contre les faibles, elle marche, vacillante, entre idéal et hypocrisie.Mais faut-il pour autant baisser les bras ?Non. Car la justice n’est pas un miracle. Elle est une construction.
Pierre après pierre. Témoignage après témoignage.
Alors, que cette journée ne soit pas qu’un tweet.
Qu’elle soit une question : Et moi, que fais-je pour que le monde soit plus juste ?
Que chacun, où qu’il soit, dans le confort ou dans la ruine, entende cette voix en lui :
« Ce n’est pas parce que l’injustice est ancienne qu’elle est normale. »
Puisse le Statut de Rome, malgré ses failles, nous rappeler qu’aucun président, aucun général, aucun bourreau ne devrait être intouchable.
Puisse cette justice, même lente, même imparfaite, servir l’humanité pour les générations à venir.
Puisse-t-elle, un jour, venir jusqu’aux nôtres.
Parce qu’au fond, la mémoire des survivants est la seule boussole fiable de l’humanité.
Parce que comprendre, c’est déjà agir.